L’ÉGLISE SAINT VINCENT.

 

Construite initialement au XIème siècle en tuffeau de pays, sous l’impulsion de la Seigneurie du Lude, l’église Saint Vincent sera au départ une possession de l’abbaye Saint-Aubin d’Angers, qui y fondera un prieuré à la gloire de Saint Vincent.

Par la suite l’église sera notamment restaurée au XVIème siècle où des chapelles latérales lui ont été rajoutées.

A la fin du XVIème siècle, l’église accueillera le roi de France Henri IV, qui assiste là à son premier culte à l’occasion de la fête Dieu.
Au XVIIIème siècle l’église se voit dotée d’un somptueux buffet d’orgue mais perd malencontreusement sa flèche lors d’une tempête au milieu du XXème siècle.
La ville du Lude se développe peu à peu et voit son importance grandir avec la construction de son château dès la fin du IXe siècle. C’est à cette époque, après les premières incursions vikings en Anjou entre 853 et 873, que les seigneurs locaux entreprennent la construction de forteresses afin de protéger leurs terres. C’est ainsi qu’est édifié au Lude le « fort de la Motte », dans un lieu stratégique aux confins du Maine, de l’Anjou et de la Touraine. Bâti sur la rive gauche du Loir, à une centaine de mètres au nord du château actuel, ce château primitif ne consistait qu’en une motte sur laquelle s’élevait un donjon entouré de fossés et de palissades.

Les expéditions normandes en Anjou ont eu pour conséquence le pillage du Lude et la destruction de son église. En 976, Geoffroy Grisegonelle, comte d’Anjou et seigneur du Lude, fait don de l’église à l’abbaye Saint-Jouin de Marnes, en Poitou.
L’église n’est pas reconstruite, seule subsiste au Lude une chapelle.
En 1085, les moines de l’abbaye Saint-Aubin d’Angers, soutenus par le seigneur Hubert de Beaumont, prennent possession de la chapelle avec l’autorisation des moines de Saint-Jouin19.
Ils fondent un prieuré le 25 juin 1113 sous le nom de prieuré Saint-Vincent, et sont à l’origine de la construction de l’église nouvelle, qui porte le même nom.

Les photos et textes (extraits) ont pour source : PATRIMOINE DES PAYS DE LA LOIRE.

Auteur :
Toulier Christine ; Perez Camille
Date d’enquête :
2009
Commanditaire :
Région Pays de la Loire/Service du Patrimoine / Département de la Sarthe / Pays Vallée du Loir.

Commentaire historique :
Les origines de l’église paroissiale Saint-Vincent du Lude sont confuses. Au IXe siècle, une première église du Lude (au vocable incertain : Saint-Jouin ?) dépendant de l’abbaye de Saint-Jouin-de-Marnes en Poitou, aurait été détruite lors des invasions normandes. Vers l’An Mil, le prêtre Hamelin construit à proximité de cette église, une chapelle placée sous le vocable de Saint-Aubin qu’il donne à l’abbaye Saint-Aubin d’Angers. L’exiguïté des lieux entraine le déplacement du cimetière hors les murs de la ville, devant la porte de l’Image. Les moines de l’abbaye angevine fondent alors un prieuré et achètent une partie du vieux cimetière pour bâtir leur maison. Au début du XIIe siècle, les habitants du Lude construisent, entre le nouveau cimetière et la porte de ville, une petite église qu’ils placent sous le vocable de Notre-Dame-des-Vertus. Y avait-il deux églises paroissiales au Lude ? A une date indéterminée, le prieuré Saint-Jouin déménage pour s’établir au chevet de l’église Notre-Dame-des Vertus et la vieille église au vocable souvent confondu avec celui du prieuré (Saint-Jouin ?) devient l’église paroissiale Saint-Vincent qui conservait encore en 1703, un petit cimetière devant sa porte. Le plan de l’édifice rend compte de fortes distorsions dues à des campagnes de construction très différentes : la nef n’est pas dans l’axe du choeur. Le choeur serait à l’emplacement de l’église primitive du XIe siècle à laquelle on aurait ajouté une nef aux XIIe-XIII siècles. L’ensemble du choeur à trois travées et bas-côtés, fut agrandi au XVIe siècle. De la même manière que dans les églises de Chenu ou de Luché, le clocher reposait sur quatre gros piliers placés entre le choeur et la nef. L’histoire de cet édifice fut très mouvementée depuis le XIXe siècle : en 1854, le clocher s’effondre et en 1966, la voûte de la nef et une partie de son mur méridional s’écroulent. Les projets des architectes Magloire Tournesac et Alphonse Tessier proposés en 1854, sont repris par l’architecte diocésain Pascal Vérité vers 1900 : à l’imitation de l’église de Chenu, le clocher est reconstruit au-dessus de la façade occidentale. Pratiquement tout le décor intérieur de l’église est effacé à la suite du concile Vatican II : les peintures murales (1865) de François Dubois et du Comte de Galembert qui recouvraient le mur diaphragme du choeur ont été badigeonnées de peinture blanche. Deux grandes statues en pierre de Saint-Pierre et Saint-Paul flanquent l’arc triomphal du choeur. Elles furent exécutées en 1866, par Jean-Louis Chenillion élève de David d’Angers.

Auteur Historique :
Tournesac Mag. (architecte) ; Tessier Alfred (architecte) ; Vérité Pascal (architecte)

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Description Architecturale

Commentaire descriptif :
Cette église se compose de deux ensembles distincts non alignés : la nef d’une part, le choeur et la tour d’avant-choeur, d’autre part. La nef est formée d’un large vaisseau de cinq travées, couvert de fausses voûtes d’ogives. La 4e et la 5e travée présentent côté nord, des vestiges de baies en plein cintre au-dessus des arcades percées en-dessous pour créer la 1ère chapelle nord. Les chapelles placées en vis à vis dans le haut de la nef, sont couvertes de voûtes à caissons de la première renaissance comparables à celles des bras du transept de La Bruère. Les nervures reposent sur des culots. Les chapelles sud, ouvertes dans la 2e et la 3 e travée, sont beaucoup plus basses et sont placées sous les baies de la nef. La nef est fermée côté choeur par de petites arcatures qui ménagent un passage étroit pour l’accès aux chapelles axées du choeur. L’avant choeur est cantonné de quatre gros piliers qui supportaient autrefois le clocher, aujourd’hui déplacé sur la façade occidentale (comme à Chenu).Cet avant-choeur est couvert d’une voûte d’arêtes bombée qui se poursuit dans les deux travées du choeur. Les chapelles axées sont contemporaines et couvertes de deux travées de voûtes d’arêtes bombées reposant sur des colonnes engagées de la première renaissance. La première petite chapelle, à droite dans la nef, paraît avoir été faite en deux fois. Elle est voûtée de deux croisées d’ogives.
Matériau(x) de gros œuvre et mise en œuvre :
calcaire
Matériau(x) de couverture :
ardoise
Type de couverture :
toit à longs pans ; appentis ; flèche polygonale
Partie de plan :
plan en croix latine
Vaisseaux et étages :
1 vaisseau
Type et nature du couvrement :
voûte d’ogives ; voûte d’ogives bombée
État de conservation :
bon état

De l’extérieur, l’église présente un beau clocher porche de cinq étages.

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Le premier étage abrite une belle porte de bois, montée de plein cintre au milieu de plusieurs voussure.Le second étage dévoile trois fenêtres hautes et fines parées de vitraux.

Le troisième étage loge une ancienne horloge, le quatrième niveau dévoile trois grandes ouvertures laissant apparaitre les cloches, et le dernier étage est celui du toit surmonté d’une belle croix de fer forgé.

Le buffet d’orgue a été restauré avec brio au XXème siècle et empli régulièrement de ses sons limpides l’intérieur de l’édifice.

L’église conserve un remarquable chœur roman du XIIème siècle, surmonté de somptueuses voutes angevines.

Documents d’archives :

AC le Lude, D 59 : délibérations du conseil municipal. 15 octobre 1792 : nous Joseph Martineau prestre, René de Follin, Louis Patrice Froger, et Joseph Rioche citoyen de la dite ville, commissaires nommés le 13 de ce mois sommes transportés dans l’église paroissiale de la dite ville du Lude à l’effet de procéder [.. ] à l’inventaire et enlèvement des meubles effets et ustencils en or et argent dépendant et appartenant à la dite église, les soleils, ciboires, calices et autres vases sacrés exceptés.. Premièrement deux encensoirs avec la navette et cuillère pesants ensemble 9 marcs six onces, 2° deux chandelliers avec le bassin pesant ensembles cinq marcs 6 onces 6 gros 3° deux burettes avec le bassin pesants ensemble un marc 7 onces et demie, 4° deux plaques d’argent et ances à l’usage de l’église pesants ensemble 1 marc 2 onces 5 gros, Et le tout pesant ensemble 18 marcs 6 onces 7 gros qui est tout ce qui se trouvait en argent dans la dite église paroissiale non compris les objets exceptés par la loi.;AC Le Lude, P2 Transcription de l’inventaire des meubles et autres effets de l’église Saint-Vincent du Lude, dressé le 4 germinal an II [21 mars 1794] « De l’agrément et en présence des citoyens Julien Langevin, marchand, Lorent Ganier, tailleur de pierres, Gallien, vitrier, Charles Goujon serger, Pierre Baudry sacriste, André Jean serger et de plusieurs autres soussignés On a fait l’inventaire ou mémoire des meubles, ornements, linges et autres effets qui sont dans l’église paroissiale de la commune du Lude, de la manière qui suit : savoir est Premièrement un tabernacle à deux faces avec les gradins et une exposition qui se met dessus, le tout doré Item deux reliquaires aux deux piliers qui sont des deux côtés de l’autel, au dessous des deux reliquaires sont deux cadres dorés avec leurs ridaux. Item deux grands tablaux dont les cadres sont dorés qui sont aux petits autels postiches Item quatre tablaux qui sont attachés aux murs de l’église Item dix pièces de tapisserie de haute lisse Item douze chandeliers attachés au dessous des croix qui sont au murs de l’église Item un mauvais tapis sur les marche de l’autel avec une petite sonnette Item un pupitre avec trois tabourets dans le cheur, quatre tretaux dans la nefe pour porter la bière. Item deux chandeliers de fer blanc plaqués aux murs Item un bénitier de pierre à la grande porte Item dans les fonts baptismaux un petit chaudron de cuivre servant de poêlette pour contenir l’eau desdits fonts avec deux burettes d’étai servants pour les saintes huiles, le tout renfermé sous la clef, un petit tapis dessus, un grand tablau attaché au mur près les dits fonts. Item dans la sacristie deux corps d’armoires qui contiennent neuf battants Item un vestiere couvert d’un tapis fait au métier dans lequel il y a cinq aisse Item dans ledit vestiere six chasubles qui ont chacune leur étole, leur manipule et leur voile, dont une est rouge, une violette, une violette et verte, une blanche, une blanche et rouge et une noire et trois chapes blanches. Item quatre autres chasubles dont une blanche, une rouge, une verte et une violette avec leur manipules, étoles et voiles. Item un grand tapis de point de Hongrie qui sert au grand autel dans les grandes fêtes et deux autres petits tapis de peut de valeur servants aux petits autels. Item deux espèces de tables couvertes chacune d’un tapis à poil d’Hongrie. Item quatorze chandeliers argentés, huit bouquets servants pour les dimanches ordinaires et jours de semaine, quatre autres chandeliers argentés mais gâtés. Item un ancensoir de cuivre avec sa navette, un autre de fer blanc, un bénitier de cuivre avec son goupilon. Item deux bources à porter le bon Dieu aux malades, neufs petits voiles pour mettre aux croix dans le tems du Carême. Item trente chandeliers de bois doré tant petits que grands, six crucifix de bois, trois figures argentées, les cartes de l’autel dorées, pour dire la messe, six vases à mettre des bouquets qui sont dédorés. Item quatre égrettes pour le dais, quatre pentes dudit dais, qui sont de velours de Carrie, les deux bâtons couverts d’une petite étofe verte et huit rosettes pour ledit dais. Item un ridau verd avec sa vergette et les deux monceaux aussi verds qui sont pour couvrir le tabernacle et les gradins et un morceau de linge servant à l’ouvrir l’ostensoir. Item une croix argentée avec son bâton et un soleil aussi argenté Item vingt-quatre bouquets pour orner les autels aux fêtes de première et seconde clase. Item douze autres chandeliers bien argentés et quatorze bouquets blancs avec leurs vases Item deux morceaux d’étofe en soye pour couvrir les gradins des petits autels. Item un piédestal doré pour le reposoir dans la semaine sainte. Item un calice dont la coupe est d’argent et le reste de fer blanc Item trois autres croix dont une sert pour les sépultures, une autre au grand autel et l’autre devant le vestière et deux lanternes de fer blanc vitrées. Item dix chandeliers noirs, un petit bénitier de faïence, un petit miroir et une échelle. Item deux missels, un angevin et l’autre romain. Item treize napes d’autel tant grandes que petites, trois napes de communion et six voiles pour couvrir les statues dans le Carême. Item deux morceaux de dentelles pour aubes, deux aubes et un rocher, sept amiots (?), dix purificatoires, huit tours d’étoles, six corporaux et un autre pour servir à l’exposition du saint Sacrement, six palle pour couvrir les calices, douze lavabaux. Item une table qui sert à un des autels postiches et un petit buffet derrière la porte de la sacristie. Item deux parements brodés, deux flambaux de cuivre argentés, deux formes dans le sanctuaire. Examen et recherches faites, les objets cy dessus mentionnés et détaillés sont tous les effets reconnus être dans l’église paroissiale de la commune dudit Lude et lui appartenir. Suivent les signatures des citoyens cy dessus nommés et autres ». [aucune signature sur le document];AC Le Lude, M1. 3 mars 1831 : Devis estimatif modifié pour les réparations de l’église.

La ville du Lude se développe peu à peu et voit son importance grandir avec la construction de son château dès la fin du IXe siècle. C’est à cette époque, après les premières incursions vikings en Anjou entre 853 et 873, que les seigneurs locaux entreprennent la construction de forteresses afin de protéger leurs terres. C’est ainsi qu’est édifié au Lude le « fort de la Motte », dans un lieu stratégique aux confins du Maine, de l’Anjou et de la Touraine. Bâti sur la rive gauche du Loir, à une centaine de mètres au nord du château actuel, ce château primitif ne consistait qu’en une motte sur laquelle s’élevait un donjon entouré de fossés et de palissades.

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